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Chers arpètes P69 : A Saintes, nous avons forgé un burin et . . . . . . . . . . . . inversement ! ! !

Dans quelques mois, je fêterai mes 58 ans et suite à la sollicitation de Jacky et à la lecture des articles très intéressants déjà publiés sur la page du site « les parcours atypiques », me voici devant mon clavier pour remonter le temps jusqu’en janvier 72.

Une scolarité bien engagée puisqu’un an d’avance sur le programme normal, mais quelques difficultés annexes me font rechercher des solutions pour pouvoir continuer des études à moindre coûts et me voici sur la base d’Orléans Bricy afin de passer le concours d’entrée à Saintes. Quelques mois plus tard, gare de Saintes, descente du train, de vieux cars militaires me conduisent à Paban, classe 3, chambre 16. . . .

Et maintenant, il faut assumer sans se retourner pour chercher du soutien, ce qui te fait vite comprendre que ta vie, il ne tient qu’à toi d’essayer de lui donner un sens et qu’il te faudra saisir toutes les opportunités potentielles. Deux années très enrichissantes humainement pendant lesquelles j’ai suivi agréablement les cours d’enseignement général (pas trop difficiles) et technique. La grande camaraderie, beaucoup de sport et les sorties hebdomadaires avec le Billy Boys m’ont permis de largement compenser quelques côtés un peu moins sympathiques de notre condition d’arpète.

Après une année à Rochefort où j’obtiens un BE de calculateur bord, je choisis la base d’Ambérieu car je souhaitais vraiment approfondir mes connaissances en électronique

Arrivé sur la BA 278 , je suis affecté dans un atelier chargé d’effectuer des révisions 4ème échelon sur des têtes de visée ! !  L’optique y est beaucoup plus présente que l’électronique et après seulement deux mois, je m’aperçois que je ne prendrai pas mon pied sur ce poste et j’en profite donc pour reprendre le chemin de l’école avec livres, cahiers et stylos. Chance et opportunité, le hasard me fait découvrir une annonce de concours pour réalisation du premier moyen de test automatique de cartes électroniques en partenariat avec l’entreprise Schlumberger. Résultats positifs du concours, me voici parti en détachement pendant un an à Saint Etienne  (Allez les verts ! ! !) pour travailler avec l’équipe Schlumberger en charge de ce développement. Retour en base, je gère l’installation et la formation de l’équipe, que j’intègrerai ensuite, et qui développera les programmes de test.

Trois ans passent, un très court passage à Chambéry avec mon épouse et ma première fille, où j’ai une fois de plus la chance de pouvoir suivre une formation d’anglais de trois mois sans utilité immédiate, mais cette acquisition de compétences me servira beaucoup.

Retour à Ambérieu où un projet de même type que le précédent est lancé et je me retrouve cette fois en région parisienne chez Général Radio.

Je termine donc ce projet et commence à m’ennuyer un peu lorsque je reçois un appel téléphonique m’expliquant qu’une équipe de marque est en train de se former à Mont de Marsan pour mettre en place des systèmes de test automatique (ATEC) pour équipements Mirages et Missiles et que j’y serai le bienvenu. La décision est vite prise et quinze jours plus tard, avec ma tendre épouse et mes trois enfants,  j’arrive sur la BA 118 où j’ai juste le temps d’emménager et de reprendre mes valises pour des déplacements permanents entre l’Aérospatiale Toulouse et Châtillon sous Bagneux, Dassault ainsi qu’une multitude de bases aériennes (Orange, Dijon, Cazaux , Istre, Luxeuil. . .  .).

Bien que cette région des Landes soit fort agréable, je pense professionnellement avoir fait le tour du sujet et commence à me poser des questions de reconversion, surtout que circulent des bruits de besoin d’effectif à Taverny ! ! Même si je n’ai pas beaucoup usé mes tenues militaires, je suis arrivé au grade d’adjudant-chef, et ne me vois pas continuer sans m’imposer de nouveaux challenges et surtout, ne pas avoir en main les manettes qui conduiront la destinée familiale.



Dans le même temps, l’aérospatiale tente de me recruter, mais pour finalement exercer dans le même domaine de compétences. Je décide donc de passer des examens et entretiens d’embauche pour mesurer mon niveau. Après tests psycho de groupe, connaissances générales et techniques, entretiens individuels avec une psy, tests d’anglais, entretiens avec le management, je choisis l’entreprise Air Inter où je suis embauché comme cadre en septembre 1990, responsable des ateliers électroniques radio navigation et communication et, principalement, du développement des moyens industriels A320. Nouveau déménagement vers la région parisienne qui n’était pourtant pas notre destination favorite. Je passe quelques années très sympathiques dans une entreprise qui restait de taille humaine avec beaucoup de complicité entre les différents services. J’aurai bien continué dans ce rythme mais quelques évènements vont à la fois m’obliger et me donner l’opportunité de rebondir.

En effet, après plusieurs changements de noms, en 1997 il est décidé que Air France Europe, anciennement Air  Inter, serait fusionné avec Air France. Pressentant les effets obligatoires de synergie, je n’ai pas attendu la fusion, et ai postulé à Air France où je me retrouve responsable des ateliers, systèmes cabine, enregistreurs, communication et divertissement passagers, pour Air France et compagnies clientes, toutes flottes confondues. J’ai aussi en charge l’entretien des équipements de notre supersonique  « Concorde ». Ambiance totalement différente dans cette entreprise qui a vécu quelques moments difficiles, mais qui me permet également d’accroître mes compétences managériales.

Deux ans plus tard, je suis nommé à la tête de la maintenance des équipements électroniques qui regroupent plus de trois cent personnes et que je dirige pendant 5ans. La responsabilité d’un centre de résultats  me fait découvrir tous les aspects de la gestion d’une entreprise : clients, économie, ressources humaines, logistiques, stratégie, organisation…. .

Certainement le besoin d’un nouveau challenge, l’A380 se profilant dans les airs, il fallait trouver le moyen de rentrer sur ce marché de maintenance des équipements de ce magnifique avion. Il est donc envisagé de créer une entreprise en partenariat entre Air France et Lufthansa. Je suis une nouvelle fois pressenti pour ce défi et me retrouve à Hambourg dans cette nouvelle entité que nous avons créée et dénommée Spairliners.  Les structures et l’organisation mises en place avec nos collègues allemands, il nous faut maintenant rechercher des clients et des flottes à supporter. Bien sûr, Air France et Lufthansa en seront mais me voilà parti en Australie pour convaincre la compagnie aérienne Qantas. Succès de l’opération et retour à Hambourg où une fois de plus, la routine commence à me déplaire.

De retour à Paris, je prends en charge la stratégie du développement industriel mondial d’Air-France qui m’amène à beaucoup voyager à travers le monde pour créer des partenariats ou mettre en place des solutions industrielles. J’ai également la responsabilité des développements sur les nouveaux types avions tels que B787 et en ce moment A350. Mon dernier chantier réalisé est la mise en place d’ateliers de maintenance aéronautique Air France en Chine pour capter du marché sur les compagnies chinoises.

Pour info, je suis toujours musicien et souffle encore dans mon saxophone. J’ai aussi, dans ce domaine, repris des cours il y a quelques années et suis arrivé au diplôme d’excellence. Je pratique en harmonie et en Big Band Jazz dans le cadre d’une association dont le but est de permette à toute personne d’accéder à l’école de musique de l’association, dont les professeurs sont musiciens professionnels diplômés, à des tarifs très abordables. J’en suis d’ailleurs le vice-président et fondateur du site http://www.amicalevillabe.com/

Et je voudrais terminer cette prose en tirant un grand coup de chapeau à mon épouse qui a toujours été très positive dans l’analyse et les prises de décision qui ont jalonné ce long chemin. Heureusement qu’exerçant un métier dans le milieu médical, elle a toujours su, elle aussi, s’adapter et gérer les contraintes familiales de ces multiples déménagements.

Bien amicalement et en espérant vous retrouver bientôt

                          Gérard Ménager


Gérard Ménager